"L'entêtement des institutions vieillies à se perpétuer ressemble à l'obstination du parfum ranci qui réclamerait votre chevelure, à la prétention du poisson gâté qui voudrait être mangé, à la persécution du vêtement d'enfant qui voudrait habiller l'homme, et à la tendresse des cadavres qui reviendraient embrasser les vivants.
Ingrats ! dit le vêtement, je vous ai protégés dans le mauvais temps. Pourquoi ne voulez vous plus de moi ? Je viens de la pleine mer, dit le poisson. J'ai été la rose, dit le parfum. Je vous ai aimés, dit le cadavre. Je vous ai civilisés dit le couvent.

A cela une seule réponse : jadis !

(...) Quant à nous, nous respectons ça et là, et nous épargnons partout le passé, pourvu qu'il consent à être mort. S'il veut être vivant, nous l'attaquons, et nous tâchons de le tuer."

 

Victor Hugo, Les Misérables, Collection Pléiade Gallimard, page 530.

 

L'auteur parlait ainsi des couvents. Je reprends pour ma part sa réflection à l'encontre de certaines de nos institutions scolaires, et laisse ce passage à la méditation des perpétuels opposants à toute forme d changement dans l'école