Nicolas Dupont Aignan aime la République. Il en est même le chantre, le héraut, le sauveur prochain. Et pour que personne n'en doute, il a appelé son groupuscule politique, pure produit de la droite souverainiste, "debout la République".

Sauf que dans les faits, c'est surtout à une sorte de seigneur local, félon à son suzerain lorsque celui-ci ne lui plait pas, à quoi nous avons affaire. Magnifique exemple de cette attitude de petit baron local : sa gestion des nouveaux rythmes scolaires dans la bonne ville d'Yerres (Essonne) dont il est le maire.

Premier épisode : désobéissance aux règles de la République. Certes, objectera-t-on, l'application des nouveaux rythmes scolaires est un décret, non une loi. Mais c'est bien la loi, mercredi, que cet élu local a violé. La loi, qui institue un droit à la scolarité, et même qui la rend obligatoire. En cadenassant, à grand coup de renforts médiatiques, les écoles de sa commune, privant ainsi les enfants du droit à l'éducation que la loi leur garantit, monsieur le maire a purement et simplement bafoué les lois de la République. En pure perte, puisque personne n'a cédé.

Second épisode : l'appel au peuple contre les élites (rappelons que monsieur le maire est tout de même énarque). Qu'à cela ne tienne, puisqu'on doit bien, tout puissant qu'on soit, appliquer la loi, alors aménageons là. Et dans le plus pure style démagogique, monsieur Dupont-Aignan a eu subitement une idée de génie : faire voter habitants pour leur demander s'ils préfèrent que les écoles soient ouvertes le samedi ou le mercredi. C'est très joli, mais un peu tardif. D'autant que ni la loi, ni le décret Peillon, ni le décret Hamon qui l'assouplit n'interdisaient de le faire l'année dernière. Cela ressemble donc bien à une entourloupe médiatique, à nouveau.

Entourloupe dont les parents d'élèves de la FCPE ne sont pas dupes. Pour preuve le communiqué de presse qu'ils ont rédigé, et que je reproduis volontiers ici. Chacun jugera, à Yerres comme ailleurs.

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Communiqué de presse : une "consultation pour avis" contestable

La FCPE de Yerres dénonce les conditions dans lesquelles le Maire organise une consultation des familles sur les rythmes scolaires.
 
La consultation est contestable dans la forme :
    • Elle a été annoncée lundi 8 septembre pour un scrutin le vendredi 12 septembre. Les règles et délais qui s'y appliquent sont scandaleux : d'une part un délai de 4 jours ne permet pas aux parents l'expression d'opinions argumentés ; d'autre part elle intervient 10 jours après la rentrée scolaire et participe de la désorganisation générale. 
    • Seul le point de vue du Maire a pu être porté à la connaissance des parents. Les associations de parents d'élèves n'ont pu exprimer leurs points de vue et la FCPE n'a pas été autorisée à distribuer dans les écoles une information aux parents..
  •  Les principes démocratiques d'un scrutin ne sont donc pas réunis. : mise à jour des listes électorales in situ, bureau de vote en plein air, bureau tenu par une personne de la Mairie, enveloppes de scrutin "République Française" (Art. L.1112-17. du CGCT)
 


 
 
Alors que les fédérations de parents d'élèves n'ont pas eu droit à la parole, la Mairie a diffusé massivement, dans les écoles et dans toute la commune, un document de 4 pages couleur.
 
La consultation est contestable sur le fond :
  • La consultation de vendredi n’est qu’une consultation pour avis, destinée à répondre précipitamment à la situation chaotique dans laquelle notre maire nous a entrainés; à entretenir une forme de mécontentement contre la réforme des rythmes scolaires.
  • Une consultation par questionnaire a déjà été effectuée en 2013 : des horaires avaient été proposés et retenus en comité consultatif de la vie scolaire (instance municipale).
  • Cette nouvelle consultation ne porte que sur le choix du samedi matin ou du mercredi matin, sans garantie: contrairement à ce que dit le Maire, ce choix du samedi a toujours été prévu dans les textes (dérogation sur présentation d'un projet éducatif).
  • les horaires des deux propositions du Maire restent des hypothèses, parfois incohérentes.
  • Les coûts financiers annoncés sont injustifiés car aucune activité périscolaire n'y est prévue.
Nous regrettons donc ce scrutin à grand renfort de communication, destiné à faire diversion après le cadenassage inadmissible et médiatique des écoles de la République
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Il est grand temps de se préoccuper des enfants !  
  • de se pencher sur le développement d'activités périscolaires de qualité comme Mr Nicolas Dupont-Aignan s'y était engagé au printemps 2014....
  • de leur proposer des spectacles de meilleure qualité ... de sorte que l'éducation civique ait encore un sens.