Le nouveau ministre de l'Education nationale a un profil atypique. Éloigné du monde enseignant, dont il n'est pas originaire, il partage avec Vincent Peillon de ne pas être un produit "du sérail" mais un politique avant tout. Diplomé de l'université, et pas des grandes écoles, il s'est vite éloigné du terrain intellectuel et éducatif pour se construire une carrière politique des plus classiques.

 

Je ne connais pas bien ses positions en matière d'éducation, et il est donc difficile de se prononcer sur la question de la continuité ou de la rupture avec la politique de Refondation de Vincent Peillon. Que deviendra la réforme des rythmes scolaires ? Que deviendra la modernisation et l'ouverture au monde de notre institution ? Que deviendront l'innovation pédagogique, la place des parents et des élèves dans l'école, l'école du socle, etc ? Il nous faudra attendre pour le savoir.

Premier élément de réponse, sans doute, dans les "proximités" idéologiques du nouveau ministre. Considéré comme émanant de l'aile gauche du Parti socialiste, militant du "Non" au référendum de 2005, mais en même temps proche de Manuel Valls, dont il fut en quelque sorte le poulain en politique, Benoît Hamon dispose d'un a priori favorable dans les grandes centrales syndicales, et en particulier à la FSU. Parallèlement, il a très activement participé aux travaux du think tank socialiste Terra Nova, que l'on sait proche des syndicats réformistes, et assez sensible, en matière éducative, à certaines positions de l'UNSA. Il a également participé à la création d'un courant au sein du PS, le "Nouveau Parti Socialiste", en compagnie d'un certain Vincent Peillon.

 

C'est donc un profil d'homme de synthèse qui s'installe rue de Grenelle. Mais sur le terrain, les divisions sont telles, sur les conceptions de l'école, du métier, la place des élèves, l'évaluation, le socle commun, etc, qu'il lui faudra un véritable talent d'équilibriste pour construire une politique efficace. A défaut, il y perdra des amis. Lesquels ? Difficile à dire pour l'instant. Un premier élément de réponse viendra sans doute avec la nomination de ses proches conseillers, qui ont toutes les chances d'être des hommes et des femmes dont nous connaissons mieux les orientations en matière d'éducation.