D'un côté, il y a une interview, dans Sud Ouest, de la sénatrice de Gironde Françoise Cartron, socialiste, présidente de la mission sénatoriale sur la réforme des rythmes scolaires. Pour elle, "la tension est en train de retomber" sur ce dossier. Elle rappelle que cette mission sénatoriale, qui est à la base une initiative des sénateurs UMP, très hostiles à la réforme, est en train d'auditionner un nombre conséquent d'élus locaux et que de ces auditions il ressort un bilan plutôt encourageant, si on excepte quelques difficultés financières locales, sur lesquelles la commission devrait faire au mois de juin des propositions concrètes. Elle devrait également tirer les enseignements de ce qui marche ou ne marche pas sur le terrain, et faire des préconisations.

D'un autre côté, il subsiste encore quelques difficultés dans la population. Le mouvement de parents mécontents dit des "gilets jaunes" appelle à de nouveaux "boycotts" des écoles par les parents les 15 et 16 janvier, et organise une manifestation à Paris le samedi 18 janvier.

La pression ne semble donc pas tout à fait retombée. Attendons encore un bon mois avant de pouvoir définitivement en finir avec ce dossier. Et puis, je ne doute pas que localement certains tenteront de faire pression à l'occasion des municipales. La réforme, on le sait bien, n'a pas été appliquée partout avec la même compétence, avec les mêmes moyens, ou avec la même bonne volonté. Parmi les mécontentements de ces prochaines semaines, il faudra veiller à faire la distinction entre ceux qui demandent un réajustement maintenant, dans le cadre du décret publié, et ceux qui sous prétexte de le réécrire demanderont un report de la réforme qui signifierait, nous le savons tous, son abandon pur et simple et le maintien de la stupide semaine de 4 jours. Car nous savons tous aussi que les mois, voire les semaines, de Vincent Peillon au ministère sont sans doute comptés.

Les maires UMP ont quelque peu allégé leurs charges contre le gouvernement sur ce dossier, non seulement parce que localement certains se rendent compte que cela fonctionne, mais aussi sans doute parce qu'en laissant faire le mouvement "apolitique" des gilets rouges, ils espèrent sans doute mettre le gouvernement en difficulté sans prendre trop de coups. Ce qui est toujours utile en période d'élections municipales.