Je reproduis ici in extenso la chronique de ce matin d'Hubert Huertas sur France Culture. Bien entendu parce que je la partage mot pour mot. J'y ajouterai juste une remarque : à l'heure où l'association des maires de France édite un sondage qui montre un haut degré d'adhésion à la réforme, à l'heure où il apparaît que les dysfonctionnements et les mécontentements de parents et d'enseignants sont surtout liés à des questions d'applications locales hasardeuses, à l'heure où la FCPE se déclare également satisfaite de cette réforme, il serait intéressant de comprendre le positionnement et les motivations - désormais décalées - du Snuipp et des petits syndicats d'enseignants "radicaux" : était-il vraiment judicieux de rajouter du sable sur la dune en appelant à une grève nationale ?  Premier élément de réponse dans les déclarations de Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp sur France info (à écouter en cliquant ici).

 

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Tout compte fait, la montagne était une dune. C’est l’enseignement principal de l’enquête lancée auprès de 3842 communes par l’Association des maires de France, présidée par le maire UMP de Lons le Saunier, Jacques Pélissard. Objet, la fameuse réforme des rythmes scolaires, présentée, dans le débat politique, comme une catastrophe oscillant entre Tchernobyl et Fukushima. Finalement quatre maires sur cinq en seraient plutôt satisfaits.

       Oh, ce n’est pas le paradis ! La plupart des réserves émises par une partie des parents d’élèves, des enseignants, et par certains élus souvent proches de la transe, se retrouvent dans ce travail issu d’un questionnaire représentatif des communes de toute les tailles.

       Oui cette adaptation coûte cher. 150 euros en moyenne par élève. Même si ce n’est pas les 4 à 500 euros dénoncés par Jean-François Copé, toujours fidèle à ses nuances de dentellière, trois communes sur quatre ont des difficultés et réclament que le conseilleur soit aussi le payeur, donc que l’Etat mette la main à la poche.

       Dans l’ensemble les activités périscolaires, tellement critiquées, se passeraient plutôt bien, et seraient même appréciées, avec un taux de fréquentation de 85%. Cependant le recrutement des animateurs n’a pas été simple, surtout en milieu rural.

       L’organisation de la journée a répondu aux demandes et aux contraintes, et a souvent évolué depuis le début de l’année. Le modèle initial, qui prévoyait de libérer du temps scolaire sur quatre jours, pour les activités, en tranches de 45 minutes, n’est plus majoritaire, chaque ville s’est adaptée à sa manière.   

       Bref, le paysage est nuancé, et il contraste avec le drame, ou le psychodrame mis en avant depuis le début de l’année. A écouter le débat politique, cette affaire de semaine de quatre jours et demi, pourtant tranquillement pratiquée dans bien des pays d’Europe, était un séisme absolu, aux conséquences infernales sur les enfants, et qui pèserait d’un poids déterminant sur les municipales.

       On touche là à l’une des caractéristiques du débat politique à la Française. Une incapacité à parler du réel. On a longtemps reproché à la gauche d’occulter les réalités, en les cérébralisant, aujourd’hui c’est la droite qui les évite, en les hystérisant.

       Le constat concerne l’école. Il vaut aussi pour bien d’autres sujets, dont le plus passionnel. Celui du mariage homo qui devait dynamiter la société, et rayer la famille de l’avenir de l’humanité. Au bout du compte, selon les premières statistiques, sur cent mariages, un seul, ou deux au plus, sont contractés par des personnes de même sexe.

       Cela fait encore beaucoup de papa, de mamans, et d’enfants traditionnels pour affronter les problèmes de l’école. 

 

Retrouver la chronique d'Hubert Huertas sur le site de France Culture