"Si la diversité des systèmes de notation est l'apanage de l'école primaire, il n'en n'est pas de même au collège, où la culture de la note chiffrée est profondément ancrée dans les moeurs". C'est ce que rappellent les inspections générales dans un rapport paru en octobre sur "la notation et l'évaluation des élèves éclairées par des comparaisons internationales".

Cette étude pointe une évolution majeure : la notation chiffrée est devenue minoritaire dans le premier degré. "Quasiment absente" en maternelle, elle n'apparait guère avant le CE2. Selon l'enquête lancée par les inspections, à laquelle ont répondu 58 départements, seules 20 à 30 % des écoles élémentaires déclarent recourir aux notes. Les enseignants privilégient les appréciations littérales" ou la validation de type "acquis", "non acquis", empruntant souvent un codage spécifique (lettres, couleurs, dessins ...).

Au collège à l'inverse, l'initiative de "classes sans notes" reste rare. Elle est le fait d'un "petit nombre de pionniers", soulignent les rapporteurs. "Il s'agit de démarches de tâtonnement", lancées à partir du constat selon lequel la note est source de démotivation, d'humiliation pour les élèves, ou qu'elle est incompatible avec l'introduction du Livret Personnel de Compétences (LPC). Parmi les freins au développement d'une évaluation sans notes, le manque de reconnaissance et d'accompagnement, ou encore l'absence de temps de concertation régulier entre collègues.

Seules solutions, si l'on veut encourager cette démarche, selon le rapport : renforcer le cadrage national de l'évaluation et le pilotage de proximité par les corps d'inspection, voire "rapprocher les statuts et le fonctionnement des professeurs des écoles et de collège, [...] aller vers l'unification de la scolarité obligatoire".

 

Texte issu de La Lettre de l'Education n°789 du 4 novembre 2013 (surligné par mes soins)

 

"La notation et l'évaluation des élèves éclairées par des comparaisons internationales" : consulter le rapport sur le site du Ministère

 Lire l'analyse d'Anthony Lozac'h, du SE-UNSA, à propos de ce rapport sur le site "l'Ecole de demain".