Du nouveau sur le front de l'orientation choisie. Le ministère va autoriser les expérimentations officielles, et les premiers décideurs, à savoir les chefs d'établissement, prennent position, via leur syndicat majoritaire, en faveur de ce dispositif.

 

Le droit à expérimentation est évoqué par Bernard Desclaux, ancien directeur de CIO, sur son blog. Il soulève les difficultés prévisibles. Il me semble important, pour ma part, d'ajouter une réflexion sur la nécessaire coordination entre les collèges et les lycées, car si ce sont les principaux de collège qui seront décisionnaires, ce sont bien les lycées qui recevront les élèves. D'où l'importance d'une réflexion à une autre échelle que celle de l'établissement, puisqu'il y aura un fort besoin de coordination, et un impact difficile à prévoir sur la structure des lycées, et particulièrement des lycées professionnels.

 

Pour ce qui est des personnels de direction, le premier syndicat de la profession, le SNPDEN, a pris position de façon très claire lors de son CSN d'avril 2013. Le texte voté par la commission "éducation et pédagogie", sur cette question, est le suivant :

Le cycle d’orientation 3ème/seconde a un double objectif :

- en premier lieu, prolonger le travail de préparation à la poursuite d’études en approfondissant les savoirs et les compétences mais aussi permettre aux élèves pour lesquels cela n’a pas pu être le cas en fin de 4e, d’atteindre les objectifs du socle commun de connaissances, de compétences et de culture
- en second lieu, et de manière spécifique, accompagner les élèves dans la préparation de leur projet personnel.
Il est construit sur deux ans et quatre semestres pour laisser aux élèves le temps de la réflexion et rendre possible une élaboration progressive de leur projet.

Il s’appuie sur un principe fondamental  - le dialogue continu entre la famille, l’élève, et le collège durant l’année de troisième ou le lycée durant l’année de seconde -  pour favoriser l’adéquation entre les aspirations et les aptitudes de l’élève. En fin de 3e, au milieu du cycle, la famille décide de la voie de poursuite d’études en seconde (2GT ou 2PRO) ou en première année de CAP.

L'idée de décomposer les années de 3e et de seconde en semestres est incontestablement une première réponse à la question des nécessaires évolutions du système. Il reste d'autres questions à trancher, comme celle de l'utilisation des indicateurs de performance des lycées, ou des collèges en ce qui concerne le devenir de leurs anciens élèves. Quoi qu'il en soit, l'intérêt des expérimentations sera sans nul doute de nous permettre d'y voir plus clair, et de prendre des décisions éclairées, loin des fantasmes sur l'orientation qui se trouvent encore dans telle ou telle salle des professeurs.

 

Consulter le billet de blog de Bernard Desclaux

Consulter la version actuelle du projet de loi (avec les amendements votés par le Sénat). Voir pour ce qui concerne la question de l'orientation l'article 32.