Il y a quelques temps, je posais la question de savoir si la Société des Agrégés faisait toujours partie de l'Education nationale. Derrière, en filigranne, certains ont astucieusement (et de façon pas nécessairement infondée) entendu la question de l'utilité de l'agrégation et des agrégés dans le second degré. Et bien me voilà rassuré, j'ai trouvé ce matin, dans le blog de Maryline Baumard, sur le site du Monde, une réponse à ma question : la Société des agrégés sert à faire sortir au grand jour la différence entre l'intelligence et la cutlure

 

Force est, à ce titre, de constater que Mme Lochmann, présidente de ladite société, est sans doute extrêmement cultivée. Force est également de constater que ses qualités s'arrêtent là et qu'en matière d'intelligence, Mme Lochmann, tels les politiques décriés par Coluche, nous en parle beaucoup mais n'a même pas un échantillon sur elle. Jugez plutôt ...

 

"Quels outrages ne fera-t-on pas subir à l'agrégé (le vrai, celui qui a obtenu le concours et qui enseigne toujours en collège, malgré une mutation demandée, depuis dix ans)". Les enseignants de collège, les vrais, qui aiment leur métier et le font bien (indépendamment de tout titre honorifique à accrocher dans le salon pour faire joli, tel un beau canevas de scène de chasse en Sologne) apprécieront le mépris avec lequel ils sont traités par cette dame dont le CV laisse à penser que l'idée même d'élève (et y compris d'étudiant) relève pour elle du plus beau concept abstrait.

Oui Mme Lochmann, il y a des agrégés en collège. Certains aiment ce qu'ils y font, et se contrefichent totalement de l'appartenance à la corporation d'ancien régime que vous essayez vaille que vaille de diriger (car vous en avez sans aucun doute acquis la compétence quelque part, un jour ....)

Oui Mme Lochmann, il y a des agrégés en collège. Je ne sache pas que ceux qui font 5 ou 6 heures supplémentaires pour enseigner essentiellement en 6e et 5e s'en plaignent, eu égard au taux de rémunération de leurs heures supplémentaires. Il leur restera toujours à geindre sur le niveau lamentable des élèves. Leurs hautes compétences intellectuelles les rendant tout à fait incapables de faire progresser des gamins de 11 ans. Mais le pouvoir d'achat, ma bonne dame, que faites vous du pouvoir d'achat !

Oui Mme Lochmann il y a des agrégés à l'université qui sont des nullités pédagogiques absolues. Je n'ai que trop de souvenirs de ce professeur d'histoire contemporaine qui - mandarinat oblige - avait, seul, le droit d'utiliser le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne pour dispenser des cours d'agrégation d'une nullité totale, dont le plan se bornait à démontrer qu'il était un génie (il est décédé, et je n'irai donc pas plus loin). Je n'ai que trop de souvenirs de cet éminent médiéviste qui trouvait intelligent, au lieu de nous faire raisonner sur les problématiques du programme des concours, de nous raconter pourquoi il trouvait que Monthy Python Sacré Graal était un film génial (il avait néanmoins raison sur le fond, ce qui n'enlève rien au vide absolu de sa pédagogie).

Oui Mme Lochmann il y a des enseignants à l'université qui sont de vrais enseignants, et qui ne sont pas agrégés. J'en ai fréquenté deux durant mes études, qui n'ont jamais réussi à comprendre les mécanismes de cooptation et d'appartenance à une caste qu'implique l'Agrégation. Pour autant, leur thèse était brillante, leur amour de ce qu'ils enseignent est réel, et leurs étudiants sont contents. Ils sont médiévistes, l'un à Tours, l'autre au Canada. N'étant pas dans vos tablettes, vous aurez du mal à trouver leur nom, cherchez du côté des historiens qui travaillent et font avancer leur discipline au lieu de pérorer dans les médias ou dans les confréries réactionnaires.

 

Les seuls agrégés qui vaillent à mes yeux sont ceux qui sont passés par autre chose, qui ont décroché le concours à l'interne par exemple, ou qui font quelque chose de leur agrégation, quelque chose d'utile à leurs élèves dans le cadre de leurs cours, ou d'utile à l'institution dans le cadre de la formation des personnels. Car eux au moins ont prouvé, au moins sur le papier, qu'il étaient capables de construire un cours à partir d'un contenu scientifique solide, et qu'ils savaient (un peu) raisonner sur le didactique de leur discipline. Vous, Mme Lochmann, vous n'en êtes pas capable. Je vous accuse ici de faire dans l'outrance parce que c'est la seule chose que vous sachiez faire au delà de la reproduction de pensées toutes faites apprises à Normal Sup' et mal digérées. Vous n'êtes manifestement pas assez intelligente pour enseigner, et au nom de tous les professeurs de collège que vos propos méprisants auront une nouvelle fois blessés, je me réjouis que le système de caste et de cooptation dont vous êtes le produit vous ait durablement éloigné d'élèves qui ne méritent pas de vous croiser un jour.