La question de la réussite scolaire des enfants d'enseignants est une donnée majeure de tout débat sur la réforme ou la refondation de l'école. Sylvain Grandserre, lui-même enseignant, pose régulièrement la question dans les médias: "pourquoi les enseignants voudraient-ils réformer un système qui est favorable à leurs enfants, et qui les a vus réussir" ?

 

Aujourd'hui, l'IFE (Institut Français d'Education), rattaché à l'ENS-LSH de Lyon, publie une thèse d'Annie DA COSTA-LASNE, sous la direction de la sociologue de l'éducation Marie DURU-BELLAT : La singulière réussite scolaire des enfants d'enseignants. Des pratiques éducatives parentales spécifiques ?

 

La thèse aborde la question sous un angle original : celui de ce qui se joue non pas dans la classe, mais à la maison. Là où, on le sait trop bien, se joue la perpétuation des inégalités sociales par l'Ecole.

 

Résumé de la thèse (tiré du site de l'IFE) : 

 « Du primaire au secondaire, les enfants d'enseignant(s) obtiennent les meilleurs résultats scolaires. Pour autant, rares sont les recherches qui interrogent les processus familiaux par lequels cette singulière réussite se construit. Fondée sur la démonstration du lien entre "réaliser les meilleures performances scolaires" et "être enfant de parents dont l'un au moins est enseignant", cette étude vise à établir les facteurs familiaux et notamment les pratiques éducatives parentales que recouvre ce significatif "effet enseignant". De l'analyse économétrique de l'enquête du Panel 95, ressort, d'une part, que les enfants d'enseignant(s) sont les plus nombreux à bénéficier des pratiques de socialisation et d'accompagnement de la scolarité les plus profitables au succès scolaire et d'autre part, qu'un "effet enseignant" "résiduel", non expliqué par les pratiques étudiées, persiste en influant positivement la réussite scolaire. L'exploitation descriptive de l'enquête "Éducation et famille 2003" de l'INSEE, complète l'analyse et met en évidence trois spécificités du modèle éducatif de ces familles : la construction d'un être complet par l'éclectisme et la maximisation des pratiques culturelles, la construction d'un être complet par l'eclectisme et la maximisation des pratiques culturelles, la construction d'un être équilibré par le travail de perspectives éducatives aux objectifs a priori opposés et la gestion experte de la carrière scolaire de l'enfant par l'installation d'une grande continuité éducative, la constitution puis la valorisation d'informations scolaires non génériques et le contrôle de l'offre pédagogique de l'établissement fréquenté. L'étude se conclut sur le remarquable travail de transmission éducative qu'opèrent les familles d'enseignant(s). »

 

Interview de l'auteure dans l'édito du Café pédagogique du 11 février 2013 : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/02/11022013Article634961614563824342.aspx

La thèse in extenso est consultable à cet endroit : http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/78/16/92/PDF/12088.pdf