Et si la refondation de l'école publique s'appuyait sur ce qui marche, et qui existe déjà ?

Loin des débats théoriques, des anathèmes et des visions caricaturales sur ce que sont les transformations pédagogiques, certaines écoles travaillent déjà depuis des décennies parfois, à l'amélioration de la situation scolaire. Montessori, Steiner-Waldorf, Freinet, autant d'expériences qui montrent que changer l'école, c'est possible, et que ça marche.

 

Je reprends ici les éléments de réflexion d'un article paru sur le site Bastamag.net sous le titre "Ces écoles qui changent la vie des élèves et des profs". article passionnant, qui montre que tout ce que nous attendons de la refondation a déjà été testé, et validé par les familles concernées. Voici les clés de leur réussite :

  • Des classes coopératives en auto-apprentissage dans la pédagogie Freinet. Cela passe par une égalité de dignité entre les savoirs quels qu'ils soient. Les savoirs scientifiques ne sont pas supérieurs aux autres (sans pour autant leur être inférieurs)
  • Une relation enseignants / élèves transformée dans les écoles Montessori : ne rien céder sur la qualité des contenus, mais laisser à l'enfant le temps d'apprendre à son rythme, en l'accompagnant.
  • L'ouverture de l'école sur le monde dans la pédagogie Steiner-Waldorf. C'est sans doute la moins connue des trois grandes écoles pédagogiques "différentes". Salies par de fausse accusations de sectarisme, ces écoles développent une pédagogie fondée sur l'apprentissage précoce des langues (2 dès le CP), l'ouverture sur le monde extérieur sans exclusive (y compris économique), et privilégient une approche "sensible", voire "sensorielle" des apprentissages.

 

 

Absence d'évaluation chiffrée, de devoirs à la maison, de redoublements, pédagogie centrée sur les élèves, au service desquels se placent l'institution et les enseignants ... ces écoles sont d'une étonnante modernité. Mais elles ont un coût. Car si les écoles Freinet sont pour l'essentiel publiques, les autres ne le sont pas et sont souvent fort onéreuses. Or elles ont démontré leur efficacité, jusqu'à l'obtention du Bac. Par conséquent, il est grand temps que ce qui marche soit généralisé. La refondation est une opportunité. L'autonomie des établissements, à défaut, en sera une autre. Car au fond, à bien y regarder, beaucoup d'éléments constitutifs de ces pédagogies modernes sont transposables, sans trop de difficultés, sinon celles des contraintes administratives, liées notamment à la toute puissance du Bac dans nos lycées.

En dehors de ces contraintes, il n'est pas normal que ce qui fonctionne effectivement en matière de pédagogie soit réservé à une élite. C'est même contraire à l'esprit de la refondation. Il faut donc généraliser, dans les écoles, collèges et lycées publics, les enseignements tirés de l'analyse de ces pédagogies nouvelles, et créer les conditions propices à cette généralisation. C'est une question de justice.

 

Au travail, donc ...