[Ce texte est une reproduction de ma réponse à l'article de Gilbert Longhi dans la Café Pédagogique de ce jour. Lire l'article]

 

Il y a beaucoup de bon sens dans ces dix conseils qui sonnent comme "dix commandements", outre (effet de titre ?) leur caractère quelque peu moralisateur. Pour l'essentiel je retrouve dans ce portrait idéal les valeurs qui me motivent ... et qui sont apparemment nettement plus difficiles à appliquer qu'à écrire !

Mais tout de même, à y regarder de près, deux ou trois choses m'intriguent.

"Quand des enseignants impulsent des innovations, leur direction peut être tentée de se rétracter. Nombre de chefs d'établissements allèguent l'impossibilité des expérimentations uniquement pour préserver leur tranquillité". Il en existe, c'est vrai. Mais nous sommes tout de même assez nombreux à pester parce que nous souhaiterions porter des innovations et que les enseignants freinent des quatre fers, parfois pour préserver leur tranquillité, souvent par souci de ne pas modifier des pratiques ancestrales qui les ont conduits là où ils sont. La vie est mal faite, mais au fond, il est heureux que les proviseurs "bloquants" dirigent des établissements où les enseignants sont innovants. Lorsque les deux sont bloquants, c'est dramatique.

Et puis, juste pour le clin d'oeil, "tout chef d’établissement devrait veiller à ne pas déprécier la personne qu'il évalue" ... c'est tout à fait exact. Mais néanmoins, on ne s'interdira pas de relever avec un peu de mauvaise fois que dans cet établissement (qui n'est pas anonyme dans l'article), le concierge est "atrabilaire", le cuisinier "pochard", le CPE "tétanisé par les élèves" et l'attachée d'intendance "frigorifiée sous son châle". Certes la description de la situation de ce collège est le fait de Gilbert Longhi et non du principal. Mais je ne pense pas qu'il ait écrit cela sans un échange conséquent avec son collègue sur sa situation, ni pris le risque d'exposer ce principal sans lui en parler auparavant. Et finalement, à la description de ce collège, on ne peut s'empêcher de penser : "heureusement que le chef est là, quel que soit l'endroit où il est assis."